Glossaire

 

Ce Glossaire explicite quelques concepts utilisés dans l’analyse Jungienne. A priori il n’est pas nécessaire de les connaître pour comprendre les interprétations des articles. Ce peut être un complément pour des personnes qui en ressentent le besoin.

Les explications données sont issues de Jung tout en étant adaptées à ce qui fonctionne pour moi dans ma pratique.

Féminin, masculin

Ces notions sont présentées dans « Marginalité – Conformisme » et « Féminin – Masculin vers l’harmonie »  à propos du Rêve : La conduite de la voiture à deux.

Inconscient collectif

Pour Jung il y a dans l’inconscient un inconscient personnel puis un inconscient collectif.

L’inconscient personnel  est la couche la plus proche de la conscience. Il contient tous les souvenirs oubliés par l’individu  ainsi que les éléments qui ont été refoulés car ils  étaient trop difficiles à vivre pour le moi conscient. A l’occasion de certaines situations ils peuvent redevenir conscients.

La ou les couches suivantes correspondent à l’inconscient collectif c’est-à-dire des parties inconscientes que l’individu partage avec beaucoup d’autres. Il y a d’abord l’esprit familial c’est-à-dire ces comportements, idées acquises … qui sont portées par le groupe familial plus ou moins large et qui s’imposent inconsciemment à l’individu si sa conscience n’est pas suffisamment forte (ou éveillée). Puis viennent d’autres couches de plus en plus inconscientes, de plus en plus importantes qui nous conditionnent, nous dirigent comme l’esprit (ou la culture) de la tribu, de la nation, pour aller vers les fondements de la nature humaine, animale…que l’on pourrait appeler inconscient universel.

Il faut noter que cette description de la psyché humaine (ensemble de tous les processus conscients et inconscients) en couches successives de plus en plus inconscientes et importantes en partant du moi conscient qui s’appuie sur elles et est irrigué par elles, est une simplification utile pour notre moi rationnel. Elle n’est pas la réalité qui est beaucoup plus complexe et impossible à enfermer dans une théorie.

Ces couches successives se chevauchent, sont interdépendantes. Dans un même rêve on pourra remarquer des éléments très individuels et d’autres qui expriment des mythes communs à toute l’humanité. D’ailleurs on peut se poser la question: Qu’est-ce qui est individuel ? D’une façon générale on peut remarquer que les comportements, attitudes, conflits, problèmes… qui semblent individuels sont les expressions particulières chez un individu de l’universel dans la psyché humaine. C’est d’ailleurs un grand soulagement pour quelqu’un qui a certaines difficultés dans la vie, qui se sent coupable d’être ce qu’il est, de prendre conscience qu’il est par ce qu’il vit quotidiennement une expression unique de l’homme et que ses problèmes sont ceux de l’humanité toute entière.

Cet inconscient collectif n’a pas seulement été découvert par Jung, des psychologues ou des philosophes. Dans notre époque actuelle, en France, il faut noter par exemple le travail de l’historien et anthropologue Emmanuel Todd et de ses collègues. Son dernier livre est : « Où en sommes nous ?  une esquisse de l’histoire humaine » (Éditions du Seuil 2017). Dans ses travaux il montre qu’il existe un inconscient qui influence d’une façon persistante les habitants d’un territoire (région, pays…). En France, Emmanuel Todd a été unanimement applaudit d’avoir prédit l’effondrement de l’URSS, par contre récemment, il a été très critiqué lors de la sortie de son livre « Qui est Charlie ? » (Éditions du Seuil 2015) dans lequel il cherche à démontrer qu’un pourcentage non négligeable des personnes qui ont participé aux manifestations de « Je suis Charlie » (suite à l’attentat de l’hebdomadaire Charlie Hebdo du 7 janvier 2015) étaient influencées par des motifs inconscients. Il est très facile de considérer que les autres agissent inconsciemment mais très difficile de l’accepter pour soi-même. Pour l’envisager il faut fréquenter régulièrement l’inconscient et surtout une bonne dose d’humilité ce qui n’est pas très répandu dans notre monde actuel qui valorise la toute puissance de l’homme, de son intellect et de sa création la technique.

Pour plus d’informations voir Un rêve qui a guidé C.G. Jung vers l’inconscient collectif

Moi

Voir le Préambule de Accueil des rêves


Ombre

L’ombre est un terme très général qui fait référence à tout ce que nous ne voyons pas en nous, tout ce qui est dans l’ombre (ou dans l’inconscient). Ce n’est pas le noir complet, il y a donc possibilité de l’apercevoir si nous nous retournons, si nous la cherchons. Le rêve est un message qui nous la montre à un moment donné sous un angle de vue qui nous est inconnu sous un aspect particulier. Si nous parlons de ces différents aspects nous parlons des ombres.

Dans le rêve de l’œuf, l’ombre est représentée par la moitié d’œuf qui est noire. Elle est là pour insister sur l’intérêt pour la rêveuse de s’intéresser à ce qu’elle ne voit pas en elle mais qu’elle peut percevoir.

Dans le rêve de l’ours, l’ombre est l’ours. Ce rêve nous montre que l’attitude de l’ombre, de l’inconscient dépend beaucoup de notre attitude, de l’attitude de notre moi. Il peut avoir deux comportements extrêmes : la bête sauvage ou le compagnon aimant, protecteur.

On peut considérer que tout ce qui apparaît dans un rêve, personnages, objets… est un ensemble d’ombres. Le rêve de l’enfant et la collègue en montre deux principales. L’enfant, la collègue.

Projection

Jung disait que tout ce qui est inconscient en nous est projeté sur l’extérieur.

D’une façon générale, dans la rencontre avec une personne (un animal, un objet …) nous ne voyons qu’une image que nous projetons sur cette personne. Cette image n’est pas la réalité de la personne, elle n’est que le reflet d’un aspect de nous-même (une ombre) que nous ne connaissons pas. Le rêve de l’enfant et de la collègue  nous permet de découvrir la projection sur la collègue.

Cette projection gouverne nos vies et nous empêche de voir les gens et les choses tels qu’ils sont, d’où des malentendus permanents car nos proches, en particulier, ne réagissent pas comme nous le souhaitons c’est-à-dire comme nous sommes inconsciemment. Nous verrons plus tard que les rêves nous montrent qu’il est possible d’aller vers le retrait des projections, vers la connaissance de soi et des autres. Cette évolution est le résultat de prises de conscience successives.

Comment reconnaître nos projections ? Nous ne pouvons les voir. Nous ne pouvons les reconnaître que quand elles se retirent. Par contre nous pouvons être alertés dans des situations extrêmes quand nous avons une attraction ou une répulsion forte pour une personne. C’est comme si nous étions possédés par une émotion. Nous ne sommes plus vraiment nous-mêmes. C’est l’émotion qui véhicule l’image que nous projetons sur l’autre sans le vouloir, sans le savoir.

Soi

Le Soi représente la totalité de ma personnalité c’est-à-dire la partie consciente et la partie inconsciente. Cette dernière est très vaste. Elle contient non seulement des parties sombres que je ne veux ou ne peux pas voir mais aussi des forces ou entités qui ne me sont pas personnelles. Elles correspondent aux différents dieux que l’on trouve dans les mythologies. Cette partie inconsciente est moi et en même temps pas moi car très souvent je ne la ressens pas comme faisant partie de ma personnalité. Elle me relie aux autres, au monde, au cosmos.

Percevoir ce Soi en moi c’est réaliser l’union de cette totalité. Au départ il existe uniquement en tant que potentialité mais il demande, il cherche à se réaliser. Cette sensation de la totalité que je suis est aussi la sensation d’être en son centre. Le Moi, le je exprime également une sensation de totalité ou de centre mais pour la conscience uniquement.

La naissance du bébé est sa sortie du jardin d’Eden, du paradis inconscient. Elle s’accompagne du début du développement de la conscience avec la sensation de dualité. Tout ce qui n’est pas moi est autre et potentiellement dangereux pour le moi. En se développant le moi se prend pour le centre de la personnalité. Cela semble nécessaire pour qu’il se fortifie dans la 1ère partie de sa vie, car un moi fort est indispensable pour survivre sur terre. Mais cette attitude repose sur une ambiguïté, un paradoxe car le moi n’est pas toute la personnalité, il n’est pas le Soi.

Un jour ce moi devra apprendre à mourir à soi-même, à lâcher prise, à laisser advenir le Soi pour expérimenter la plénitude de la totalité. C’est un long chemin… Dans les rêves il peut apparaître sous de nombreuse formes :  mandala, château, diamant, sage (femme ou homme)…

Suivant les traditions il y a beaucoup de synonymes du Soi. Il peut être le Graal, la Pierre philosophale, le Tao, la Déesse, Le Dieu, …

Symbole

Le symbole est « une image née de la profondeur de l’inconscient et véhiculant un dynamisme qui, si on l’accueille, enrichit le champ de la conscience et y produit une transformation. » Etienne Perrot dans « Des étoiles et des pierres » page 19.

C’est comme un iceberg. Nous voyons l’image, son nom mais tapis dans l’inconscient se trouve un vaste réseau de significations qui nous irriguent, nous nourrissent si nous avons la démarche de nous intéresser à cette profondeur, de l’accueillir.

Synchronicité

C’est une coïncidence entre un événement et un autre sans que l’un des événements soit la cause de l’autre. Ces deux événements sont de toute évidence en lien. Ils peuvent être extérieurs ou intérieurs.

Il semble que souvent ces synchronicités arrivent ou sont perçues par des personnes qui sont dans une démarche spirituelle.

Notre réflexe est de vouloir comprendre leur signification pour en déduire une marche à suivre. C’est aussi la tentation que nous avons dans l’interprétation des rêves. Il me semble que le plus important est l’ambiance dans laquelle nous mettent ces synchronicités. Une impression que tout événement (petit ou grand) est en lien avec tous les autres, qu’il y a une unité du monde et que nous sommes dans cette unité.

Exemples :

– Une personne fait un rêve et, dans la journée qui suit, remarque pleins d’éléments concrets (dans la rue, à la radio, dans un appel téléphonique…) qui lui rappellent ce rêve.

– Un rêve évoque à l’interprète une situation qui n’est pas forcément en lien avec le rêve. Le rêveur reconnaît la situation du rêve qui a suivi.

– Une personne est préoccupée par une problématique. Par ailleurs son état de santé lui impose des changements dans ses activités. Ayant du temps elle se met à lire un livre qu’elle a acheté depuis longtemps et y découvre toute une réflexion concernant sa problématique alors que le titre ne le faisait pas pressentir.

Le rêve de l’enfant et de la collègue décrit une synchronicité entre un rêve et une situation de la vie quotidienne.